Maths · 3e · Probabilités

Probabilités en 3e : cours, exemples et exercices

Les probabilités en 3e : le bon vocabulaire, le calcul en situation d’équiprobabilité, le lien avec les fréquences et le tableau à double entrée pour deux épreuves. Cours, deux exemples résolus et cinq exercices corrigés.

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Deux dés équilibrés : 3636 issues équiprobables. La somme 88 occupe 55 cases, donc P(S=8)=536P(S=8)=\frac{5}{36}.

Programme de 3e

Ce que tu dois savoir faire en 3e

Les probabilités se construisent sur tout le cycle 4. En 4e, tu as appris le vocabulaire (expérience aléatoire, issue, événement) et le calcul de probabilités simples. Les attendus de fin de 3e ajoutent deux choses : calculer des probabilités pour des expériences à une ou deux épreuves à partir de dénombrements, et faire le lien entre la stabilisation des fréquences et la probabilité.

Le tableau à double entrée devient l’outil central : il permet de lister sans en oublier toutes les issues de deux lancers ou de deux tirages. Les probabilités reviennent souvent au brevet, avec des urnes, des dés et des jeux.

Dans Mathflow, le chapitre compte quatre compétences, chacune en trois niveaux.

Les 4 compétences du chapitre

  1. Utiliser le vocabulaire des probabilités
  2. Estimer une probabilité à partir de fréquences
  3. Calculer une probabilité dans une situation d’équiprobabilité
  4. Modéliser une situation à deux épreuves à l’aide d’un tableau

Cours

L’essentiel du cours

Le vocabulaire, les règles de calcul, les fréquences et les expériences à deux épreuves.

Le vocabulaire

Une expérience aléatoire a plusieurs résultats possibles, les issues, et on ne peut pas prévoir lequel se produira. Un événement est un ensemble d’issues : avec un dé, « obtenir un nombre pair » est réalisé par les issues 22, 44 et 66.

  • Un événement élémentaire ne contient qu’une issue ; un événement certain les contient toutes ; un événement impossible n’en contient aucune.
  • L’événement contraire de AA, noté A‾\overline{A}, est réalisé exactement quand AA ne l’est pas.
  • Deux événements sont incompatibles s’ils ne peuvent pas se réaliser en même temps. Deux événements contraires sont incompatibles, mais l’inverse est faux.

Les règles de calcul

P(A‾)=1−P(A)P(\overline{A})=1-P(A)

Un événement impossible a pour probabilité 00, un événement certain a pour probabilité 11. Une probabilité peut s’écrire sous forme de fraction, de décimal ou de pourcentage : 14=0,25=25 %\frac{1}{4}=0{,}25=25\,\%.

Les situations d’équiprobabilité

Quand toutes les issues ont la même probabilité (dé équilibré, tirage au hasard dans une urne), on compte :

P(A)=nombre d’issues favorables aˋ Anombre d’issues possiblesP(A)=\dfrac{\text{nombre d’issues favorables à }A}{\text{nombre d’issues possibles}}

Avec un dé équilibré à six faces, « obtenir un multiple de 33 » est réalisé par 33 et 66 : sa probabilité vaut 26=13\frac{2}{6}=\frac{1}{3}.

Fréquences et probabilité

La fréquence d’un résultat est le nombre de fois où il est apparu, divisé par le nombre d’essais. Sur peu d’essais, elle varie beaucoup. Quand on répète l’expérience un grand nombre de fois, elle se stabilise autour de la probabilité.

Pour une punaise ou un bouchon, aucune symétrie ne donne la probabilité : on l’estime par la fréquence observée sur un grand nombre de lancers.

Deux épreuves : le tableau à double entrée

Pour deux lancers ou deux tirages, on fait un tableau : la première épreuve en lignes, la seconde en colonnes. Chaque case est une issue ; avec deux dés, il y en a 6×6=366\times6=36, toutes équiprobables.

Avec remise, on peut retirer le même objet deux fois. Sans remise, les cases où l’on retire deux fois le même objet sont impossibles et on les barre. Pour que les cases soient équiprobables, on distingue les objets identiques, par exemple V1V_1 et V2V_2 pour deux boules vertes.

Exemples résolus

Deux exemples résolus

  1. Exemple 1

    Une urne

    Une urne contient 33 boules bleues, 55 vertes et 22 jaunes, indiscernables au toucher. On tire une boule au hasard. Calcule la probabilité de tirer une boule verte, puis celle de ne pas tirer une boule jaune.

    Solution

    Il y a 1010 boules, toutes ont la même chance d’être tirées.

    P(verte)=510=12P(\text{verte})=\frac{5}{10}=\frac{1}{2}.

    P(jaune)=210P(\text{jaune})=\frac{2}{10}, donc P(pas jaune)=1−210=810=45P(\text{pas jaune})=1-\frac{2}{10}=\frac{8}{10}=\frac{4}{5}.

  2. Exemple 2

    La somme de deux dés

    On lance deux dés équilibrés à six faces et on additionne les deux nombres obtenus. Quelle est la probabilité que la somme soit égale à 88 ?

    Solution

    Le tableau à double entrée compte 3636 issues équiprobables.

    La somme 88 est obtenue pour (2 ; 6)(2\,;\,6), (3 ; 5)(3\,;\,5), (4 ; 4)(4\,;\,4), (5 ; 3)(5\,;\,3) et (6 ; 2)(6\,;\,2), soit 55 issues.

    P(S=8)=536P(S=8)=\frac{5}{36}.

Exercices corrigés

Cinq exercices corrigés

Cherche d’abord sur une feuille, puis ouvre le corrigé. Chaque résultat a été vérifié.

  1. Exercice 1

    Contraire ou incompatible ?

    On lance un dé équilibré à six faces. AA : « obtenir un nombre pair » ; BB : « obtenir 55 ».

    1. AA et BB sont-ils incompatibles ? contraires ?
    2. Décris l’événement A‾\overline{A} et calcule P(A)P(A).
    Voir le corrigé
    1. Aucune issue ne réalise à la fois AA et BB : ils sont incompatibles. Ils ne sont pas contraires, car l’issue 11 ne réalise ni AA ni BB.
    2. A‾\overline{A} : « obtenir un nombre impair », réalisé par 11, 33 et 55. P(A)=36=12P(A)=\frac{3}{6}=\frac{1}{2}.
  2. Exercice 2

    La punaise

    Une punaise est lancée 500500 fois ; elle tombe 185185 fois pointe en haut.

    1. Calcule la fréquence de « pointe en haut ».
    2. Combien de fois peut-on s’attendre à l’observer sur 2 0002\,000 lancers ?
    Voir le corrigé
    1. 185500=0,37\frac{185}{500}=0{,}37. On estime la probabilité de « pointe en haut » à environ 0,370{,}37.
    2. 2 000×0,37=7402\,000\times0{,}37=740 : environ 740740 fois, sans que ce nombre soit garanti.
  3. Exercice 3

    Un jeu de 32 cartes

    On tire une carte au hasard dans un jeu de 3232 cartes (de 77 à l’as, dans les quatre couleurs). Calcule la probabilité de tirer une figure (valet, dame ou roi), puis celle de ne pas tirer de figure.

    Voir le corrigé

    Il y a 33 figures par couleur, soit 1212 figures. P(figure)=1232=38P(\text{figure})=\frac{12}{32}=\frac{3}{8}.

    P(pas de figure)=1−38=58P(\text{pas de figure})=1-\frac{3}{8}=\frac{5}{8}.

  4. Exercice 4

    Deux tirages avec remise

    Un sac contient quatre jetons numérotés 11, 22, 33 et 44. On tire un jeton, on note son numéro, on le remet, puis on en tire un second.

    1. Combien y a-t-il d’issues ?
    2. Quelle est la probabilité d’obtenir deux fois le même numéro ?
    3. Quelle est la probabilité que le produit des deux numéros soit pair ?
    Voir le corrigé
    1. Le tableau compte 4×4=164\times4=16 cases équiprobables.
    2. 44 cases sur la diagonale : (1 ; 1)(1\,;\,1), (2 ; 2)(2\,;\,2), (3 ; 3)(3\,;\,3), (4 ; 4)(4\,;\,4). La probabilité vaut 416=14\frac{4}{16}=\frac{1}{4}.
    3. Le produit est impair seulement si les deux numéros sont impairs : 44 cases (11 ou 33, puis 11 ou 33). Il est donc pair dans 1212 cases : 1216=34\frac{12}{16}=\frac{3}{4}.
  5. Exercice 5

    Au moins un 6

    On lance deux dés équilibrés. Quelle est la probabilité d’obtenir au moins un 66 ? Déduis-en la probabilité de n’obtenir aucun 66.

    Voir le corrigé

    Dans le tableau, la ligne du 66 et la colonne du 66 comptent 6+6=126+6=12 cases, mais la case (6 ; 6)(6\,;\,6) est comptée deux fois : 1111 cases.

    P(au moins un 6)=1136P(\text{au moins un }6)=\frac{11}{36}, donc P(aucun 6)=1−1136=2536P(\text{aucun }6)=1-\frac{11}{36}=\frac{25}{36}.

Erreurs fréquentes

Les pièges à éviter

En probabilités, l’intuition se trompe souvent : ces réflexes t’éviteront les erreurs les plus fréquentes.

  • Trouver une probabilité plus grande que 1

    Une probabilité est toujours entre 00 et 11, et la somme des probabilités de toutes les issues vaut exactement 11.

  • Confondre fréquence et probabilité

    Ne pas avoir obtenu de 66 en 1212 lancers ne rend pas le 66 impossible : c’est une fréquence sur peu d’essais.

  • Croire que le hasard a de la mémoire

    Après six Pile de suite avec une pièce équilibrée, le lancer suivant reste à une chance sur deux.

  • Confondre contraire et incompatible

    « Obtenir 11 » et « obtenir 66 » sont incompatibles, mais pas contraires : l’issue 33 ne réalise aucun des deux.

  • Oublier l’ordre dans un tableau

    Avec deux dés, (1 ; 2)(1\,;\,2) et (2 ; 1)(2\,;\,1) sont deux issues différentes : il y en a 3636, pas 2121.

  • Mal former le contraire

    Le contraire de « au moins 99 » est « au plus 88 », pas « au plus 99 ».

Dans Mathflow

Ce chapitre dans Mathflow

Quatre séries, une par compétence, et chacune en trois niveaux : tu manipules, tu expliques, puis tu raisonnes.

Dans les séries, tu lances une punaise mille fois en quelques secondes et tu vois la fréquence se stabiliser, tu composes une urne pour obtenir une probabilité donnée, tu barres les cases impossibles d’un tableau. Au niveau 2, tu tranches des débats où l’intuition trompe. Au niveau 3, tu calcules et tu choisis la meilleure stratégie de jeu, avec Alphi si tu as besoin d’un indice.

  1. 1Utiliser le vocabulaire des probabilités

    • Niveau 1 · Manipuler

      Tu tries des expériences aléatoires, tu classes des événements en certains, impossibles ou possibles et tu construis le contraire d’un événement.

    • Niveau 2 · Expliquer

      Tu expliques qu’un événement très peu probable n’est pas impossible et que des événements incompatibles ne sont pas forcément contraires.

    • Niveau 3 · Raisonner

      Tu comptes les issues d’un événement contraire et tu retrouves le nombre sorti d’un dé à douze faces à partir d’indices.

  2. 2Estimer une probabilité à partir de fréquences

    • Niveau 1 · Manipuler

      Tu lances une punaise 1 0001\,000 fois, tu places la droite où la fréquence se stabilise et tu colories une roue cachée d’après les résultats.

    • Niveau 2 · Expliquer

      Tu distingues fréquence et probabilité et tu expliques pourquoi le hasard n’a pas de mémoire.

    • Niveau 3 · Raisonner

      Tu estimes une probabilité, un nombre de résultats attendus ou le contenu d’une urne, et tu repères un dé truqué.

  3. 3Calculer une probabilité dans une situation d’équiprobabilité

    • Niveau 1 · Manipuler

      Tu touches les boules qui réalisent un événement, tu composes une urne et tu partages un ruban selon les probabilités.

    • Niveau 2 · Expliquer

      Tu appliques P(A‾)=1−P(A)P(\overline{A})=1-P(A) et tu repères des probabilités dont la somme dépasse 11.

    • Niveau 3 · Raisonner

      Tu calcules des probabilités avec des urnes, des roues et un jeu de 3232 cartes, et tu retrouves le nombre de faces d’un dé.

  4. 4Modéliser une situation à deux épreuves à l’aide d’un tableau

    • Niveau 1 · Manipuler

      Tu construis le tableau d’une pièce et d’un dé, tu barres les cases impossibles d’un tirage sans remise et tu cherches la somme la plus probable.

    • Niveau 2 · Expliquer

      Tu expliques pourquoi on distingue deux jetons identiques et tu juges si un jeu est équitable.

    • Niveau 3 · Raisonner

      Tu calcules des probabilités avec et sans remise et tu choisis la façon de tirer la plus favorable.

Questions fréquentes

Comment calculer une probabilité en 3e ?

Dans une situation d’équiprobabilité, on divise le nombre d’issues favorables par le nombre d’issues possibles. Pour deux épreuves, on compte les issues dans un tableau à double entrée.

Quelle est la différence entre fréquence et probabilité ?

La fréquence est observée sur une série d’essais réels et change d’une série à l’autre. La probabilité est une valeur théorique. Sur un grand nombre d’essais, la fréquence se rapproche de la probabilité.

Comment faire un tableau à double entrée pour deux épreuves ?

On écrit les issues de la première épreuve en lignes et celles de la seconde en colonnes. Chaque case est une issue de l’expérience ; si les deux épreuves sont équiprobables, toutes les cases le sont aussi.

Qu’est-ce qu’un événement contraire ?

C’est l’événement qui se réalise exactement quand le premier ne se réalise pas. Le contraire de « obtenir un nombre pair » est « obtenir un nombre impair », et P(A‾)=1−P(A)P(\overline{A})=1-P(A).

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